Accueil / Actualités / Furioso : L'interview des auteurs !
A l'occasion de la sortie du premier tome de Furioso, découvrez les interview du scénariste Philippe Pelaez et du dessinateur Laval NG
 
Philippe Pelaez / Biographie : Tout d’abord professeur d’anglais sur l’île de la Réunion, c’est par un curieux hasard que Philippe Pelaez se retrouve propulsé scénariste de bandes dessinées. Il signe tout d’abord ses premiers ouvrages pour la maison d’édition réunionnaise Des bulles dans l’océan  : Gaultier de Châlus et Fièvre. Après un détour par le financement participatif, grâce auquel il réussira à publier deux séries Oliver & Peter et Parallèle, il rejoint finalement le circuit éditorial traditionnel en signant le scénario d’Un peu de tarte aux épinards avec Javier Casado au dessin, publié aux éditions Casterman. 2019 est une année charnière pour lui puisque ses scénarios s’arrachent chez les éditeurs. Chez Grand Angle, il marquera sa première collaboration avec le dessinateur madrilène Victor L. Pinel sur le one-shot Puisqu’il faut des hommes.
 
Furioso est particulier, car c’est une transposition d’un poème de l’Arioste. D’où vous est venue l’idée de ce projet ?
Philippe Pelaez : Laval est à l’origine du projet. Après Alter, chez Drakoo, nous avions vraiment envie de continuer à travailler ensemble, car je crois que nous nous comprenons vraiment, lui et moi, et nous savons comment fonctionne l’autre. Laval m’a demandé si j’étais intéressé pour adapter le long poème de l’Arioste Orlando furioso (1516), que je connaissais un peu. Étudiant, j’ai consacré pas mal de temps à travailler sur la « Matière de Bretagne  », c’est-à-dire la légende arthurienne, ou plutôt l’influence de la mythologie celte sur le roi Arthur et le Graal. Mais le best-seller du Moyen Âge, au tournant du millénaire, c'est la « Matière de France », centrée sur Charlemagne, ses paladins et son neveu Roland (« Orlando » en italien).
 
Comment s’est passé le processus d’adaptation par rapport au texte de base ?
Philippe Pelaez : La principale difficulté a été de simplifier un très long poème constitué de 46 chants aux personnages multiples, aux rebondissements incessants et parfois déconcertants. J’ai donc décidé non pas de réduire, mais d’ajuster cette histoire pour en faire un diptyque d’une centaine de pages. Il a fallu resserrer l’intrigue, supprimer des personnages inutiles, voire peu consistants, et se concentrer sur l’affrontement entre deux héros si dissemblables, non sans oublier de donner beaucoup de profondeur aux personnages secondaires. J’ai pris énormément de plaisir à donner à cette histoire les couleurs de la fantasy, en y incluant, par petites touches, des éléments des mythologies celte, nordique et grecque. Le formidable et généreux dessin de Laval demandait cela : du souffle, de l’exaltation, de la passion.
 
Laval NG / Biographie : Laval Ng, de son vrai nom Laval Ng Man Kwong est un auteur mauricien de bandes dessinées né en 1972. Laval Ng est découvert par Pierre Makyo à l’occasion d’un festival de BD à la Réunion. Le quatrième cycle de Balade au bout du monde est son premier travail en tant que dessinateur de BD. C’est avec une habileté remarquable qu’il a su trouver un style parfait entre Laurent Vicomte, créateur de la série, et Michel Faure. Puis il réalise le tome 3 des Chroniques de Sillage avec JD Morvan (Soleil) et Khalil Gibran avec Pierre Makyo (Adonis). En 2016, il sort Parallèle (Sandawe) avec Philippe Pealez qui trouve une seconde vie chez Drakoo en 2020. Le duo récidive en 2022 en publiant Furioso.
 
Le dessin de Furioso est très reconnaissable avec cette veine à la fois très réaliste et ornementée, comment avez-vous conçu l’identité graphique de ce monde ?
Laval NG : J’ai choisi un style de dessin avec hachures pour bien coller à l’état d’esprit tourmenté des personnages principaux. Je voulais une imagerie et même une création qui reflète bien la passion. Pour l’aspect ornementé, j’ai puisé dans l’architecture de la Renaissance italienne et je me suis également inspiré des gravures de Gustave Doré. Mais, en même temps, j’ai évité de trop les regarder, car ce sont des œuvres impressionnantes, voire intimidantes.
 
Quelles sont vos techniques de travail ?
Laval NG : Côté technique, j’ai dessiné cette BD entièrement sur iPad : c’est très pratique pour travailler n’importe où… Ainsi, une grande partie des dessins de la BD ont été réalisés dans la voiture, sur les parkings des centres commerciaux.
 

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