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Passeport pour les mondes imaginaires

En 2019, un dragon pas comme les autres fait son apparition dans le monde de l’édition : Drakoo, la nouvelle maison dédiée à l’imaginaire sous toutes ses formes.
Née de la rencontre entre Olivier Sulpice, président fondateur de Bamboo Édition, et Christophe Arleston, scénariste à succès (Lanfeust, Trolls, Ythaq, Les Forêts d’Opale, Ekhö monde miroir…), Drakoo transporte les lecteurs vers de nouvelles frontières.
De la fantasy à la science-fiction, du fantastique au steampunk, en passant par tous les sous-genres, Drakoo souffle le feu d’énergies nouvelles.

Christophe Arleston

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?

Partager avec d’autres auteurs, les pousser à développer des univers. J’aime voir naître les choses. J’aime créer des lieux comme l’atelier Gottferdom, des endroits où les auteurs se retrouvent, comme Lanfeust Mag l’a été longtemps. Avec ce journal, j’ai amené une nouvelle génération à la BD et aujourd’hui, c’est au tour de Drakoo de faire éclore la génération suivante. C’est une aventure encore plus énorme, totalement passionnante.

En quoi consiste votre rôle de directeur éditorial ?

Je choisis les projets et je les suis de près. Il faut accompagner les auteurs et être là, quand on veut des bons bouquins. Je suis avant tout scénariste : j’apporte mon support et mon expérience techniques aux auteurs. Je décortique, je les embête, je suggère, je les fais recommencer 12 fois, je lis et je surveille tout, comme si c’étaient mes propres livres. Nous devons être au top sur la qualité des albums.

Quels genres seront traités ?

L’imaginaire au sens large. Je ne m’interdis aucun genre en particulier, tout est permis : fantasy, fantastique, science-fiction, steampunk, merveilleux, et tous les genres croisés que l’on connaît aujourd’hui. Mon choix sur les différentes histoires est très subjectif. Il m’est arrivé de refuser des projets qui étaient bons, mais qui ne me parlaient pas. Je veux des histoires avec des personnages attachants, des situations fortes et originales qui fassent réfléchir un peu et rêver beaucoup. 

Les albums Drakoo s’adressent à quel public ?

À tout le monde ! Je ne me demande plus si une histoire est destinée à des enfants, à des adolescents ou à des adultes, je sais que ces distinctions sont factices. Avec Didier Tarquin, nous pensions avec Lanfeust nous adresser à des ados-adultes, et nous avons reçu le Prix 9-12 ans au festival d’Angoulême, une fois avec Lanfeust et deux fois avec Les Trolls. Au final, on a touché un public beaucoup plus vaste que ce que nous imaginions. Une bonne histoire intéresse tout le monde. Game of Thrones en est la preuve ! Les télés pensaient que c’était réservé à un public de geeks et ça a été un des plus gros succès mondiaux de la décennie. Chez Drakoo, il n’y aura donc aucune limitation d’âge ou de genre. 

Pourquoi faire appel à des écrivains qui ne sont pas des spécialistes de bande dessinée ?

J’attache beaucoup d’importance aux histoires, et donc aux scénaristes. On a beaucoup de scénaristes formidables dans la bande dessinée, mais on les voit déjà dans toutes les maisons d’édition et il n’y aurait pas eu d’intérêt spécifique à ce qu’ils viennent collaborer chez Drakoo. Je voulais amener du sang nouveau, des idées inédites, des gens qui ont des univers très forts et très cohérents et qui, finalement, ont juste à apprendre la technique de la narration en bande dessinée. J’en ai parlé avec Olivier Gay, qui avait envie d’essayer la BD. Il m’a mis en contact avec Gabriel Katz, puis Pierre Pevel et Étienne Willem sont venus se greffer au groupe. J’ai ensuite contacté Aurélie Wellenstein, et ainsi de suite. Et ils apprennent vite… On est en train d’avoir des albums extraordinaires.

Ce seront des adaptations ou des aventures inédites ?

L’idée de départ avec les scénaristes écrivains est de leur faire faire des histoires complètement inédites : créer des récits pour le format de la bande dessinée. Un roman et une BD ne fonctionnent pas au même rythme. Il faut deux à quatre albums pour retranscrire l’arc narratif d’un roman, et il est rare qu’un texte puisse être divisé en parties équilibrées. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, adapter une œuvre romanesque demande beaucoup plus de travail que d’écrire un scénario original. Seule adaptation, Le Paris des merveilles de Pierre Pevel, en soutien des Artilleuses, l’histoire inédite que Pierre développe pour nous dans le même univers. Ce qui intéresse avant tout ces romanciers est de se confronter à un support nouveau et d’écrire spécifiquement pour la bande dessinée.

Il y a beaucoup de femmes scénaristes ou dessinatrices au sein de la collection. Est-ce une volonté affirmée ? 

Il se trouve qu’il y a de plus en plus de femmes qui font de la bande dessinée, c’est juste un fait. Je n’aime pas qu’on parle d’une BD féminine ou d’un dessin féminin. Pour moi les auteurs et autrices ont tous des choses à apporter, diverses sensibilités dans tous les genres, et en vérité je ne porte aucune attention au genre des personnes avec qui je travaille, je ne regarde que l’histoire ou le dessin et les qualités professionnelles. 

À la lecture des différents projets, on constate qu’il y a de l’humour dans beaucoup de titres. Est-ce une ligne éditoriale assumée ? 

Il y a de l’humour dans les albums que j’écris, car je ne peux pas m’en empêcher. Il y en a également chez d’autres auteurs que j’ai choisis, mais ce n’est pas une ligne obligatoire. La Pierre du chaos de Gabriel Katz et Stéphane Créty par exemple n’est pas une histoire très rigolote, on est plutôt dans la fantasy réaliste. Mais oui, ma sensibilité me pousse davantage vers l’humour : j’aime cette petite distance qui permet au fond de dire plein de choses sans que les lecteurs ne s’en rendent forcément compte.

Avez-vous planifié un rythme de sorties par an ?

Oui : autant de bons bouquins qu’on en aura de prêts ! Ni plus, ni moins ! Le but n’est pas de publier pour publier, mais d’avoir des albums dont on soit fiers. Pour le moment on a trois albums en 2019, 6-7 pour le début de l’année 2020, et autant pour la fin en comptant les tomes 2. La plupart de nos projets sont traités en deux ou trois tomes, éventuellement renouvelables, mais c’est la qualité des histoires qui prime et qui détermine le rythme des sorties.